Ce site a pour emblème le bou-saadi, couteau traditionnellement fabriqué dans l'oasis de Bou Saâda (Algérie), le modèle que je possède ayant été forgé et monté, au début des années 60, sur commande de mon père qui y fut instituteur pendant plusieurs années. La lame a été forgée à partir d'une lime à métaux (si ma mémoire ne me trahit pas), le manche est en corne (de bélier ? pas sûr...) et le fourreau typique en bois recouvert de cuir (de chameau ?).

Mon attrait (le terme "passion" serait excessif) pour les couteaux a débuté très jeune, en digne successeur de mon père à qui j'ai toujours connu un canif dans la poche. Dès 12 ans, j'ai eu le mien, petit canif à deux lames. Plus tard, à l'occasion de vacances dans les Alpes, je me suis intéressé aux Opinel avant de visiter Laguiole dans les années 80 et d'y découvrir ses fameux couteaux. Mon intérêt s'est ravivé après quelques années de pause lorsque, après mon installation en Ardèche, j'ai découvert l'Ardéchois.

Les photos ont pour la plupart été faites au flash, direct + esclave, d'où des couleurs pas toujours exactes. J'espère pouvoir bientôt en refaire en lumière naturelle (ou artificielle mais sans flash, en mini-studio) pour être plus proche de la réalité.

Le bou-saadi

Premier couteau présenté, ce bou-saadi avait été commandé par mon père il y a une cinquantaine d'années. Instituteurs, mes parents ont vécu plusieurs années à Bou Saâda, avant d'en déménager en juin 1956 suite à leur mutation liée aux "événements". Ce couteau a été acquis lors de vacances passées à Bou Saâda, quelques années plus tard.

Si ma mémoire ne me trahit pas, sa lame a été forgée à partir d'une lime à bois. Le manche en corne, théoriquement de bélier, mais je ne saurais faire la différence avec une corne de vache, est traditionnellement enserré par un fil de laiton auquel a été associée une chaînette en acier.

Le fourreau en bois est couvert de cuir, ce qui est classique. L'aspect m'évoque du cuir de chameau.

Le couteau mesure 275 mm, dont 170 mm de lame.

Bou-saadi dans son étui

Bou-saadi

L'autre face du bou-saadi

Bou-saadi, vue supérieure

Quoi en dire de plus, sinon que c'est peut-être le seul souvenir physique, palpable, réel qui me reste de l'Algérie, provenant de plus de l'endroit où j'ai passé les six premières années de ma vie.

Que mon père soit remercié de l'avoir fait fabriquer, et que ma mère le soit également pour me l'avoir aussi volontiers donné, quelques années après le décès de mon père ! Merci encore à mes frères qui n'ont pas contesté ce don !